Le Saints Graal !
Drew Brees et Sean Payton peuvent célébrer leur premier sacre avec les Saints (Reuters)
Menés 0-10 à l'issue du premier quart, les Saints de New Orleans ont renversé la situation, cette nuit à Miami, pour remporter le premier SuperBowl de leur histoire, face aux Colts d'Indianapolis (31-17). Drew Brees a été élu MVP du match.
par Gaspard Bremond, le 08-02-2010Ce n'est pas une victoire mais une conquête. Ce n'est pas un titre mais un symbole. Ce n'est pas une équipe, non, mais une ville, un Etat... New Orleans, cité meurtrie, ravagée en 2005 par l'ouragan Katrina, a retrouvé, grâce à son équipe de foot, simplement de foot, l'union, l'étreinte, qu'elle s'était promise de célébrer à la face des Etats-Unis, peut-être même du monde, hier soir en Floride. Cette formation, presque condamnée à déménager il y a cinq ans, a vécu, dimanche, la plus belle des renaissances. Et si la destinée était en marche avant la rencontre, la marche, elle, semblait presque trop haute. Les joueurs allaient jouer pour une ville bien plus que pour une vulgaire bague de champion, disaient-ils. Quite à assumer le poids de l'histoire, du symbole, avec tout ce que cela comporte comme risques. Mais ils ont prouvé, dans l'adversité d'une rencontre entre deux formations taillées pour vaincre, qu'ils ne lâcheraient rien. Et ont donc au final mérité d'offrir à leurs fans leur premier titre de champion NFL, succédant aux Steelers de Pittsburgh...
Indianapolis démarre fort
Pourtant, ce que l'on craignait pour les Saints, novices dans un SuperBowl, s'est produit dès leur première possession. Tétanisés par l'enjeu, par la défense très agressive des Colts, les joueurs de New Orleans se débarrassaient bien trop vite du ballon, laissant la science de Peyton Manning opérer. Aussi, pour son premier drive, le numéro 18 d'Indianapolis remontait 53 yards et permettait à Matt Stover d'ouvrir le score sur field-goal (3-0, 7e). Pas très encourageant pour la suite, d'autant que les Saints continuaient de paniquer et de se précipiter dans leur choix. De retour sur le pré, Manning enfonçait le clou avec, en 4'36, un drive de 96 yards. Bien aidé par un Joseph Addai en transe, le quadruple MVP de la NFL en rajoutait avec une passe dans le dos de la défense pour Pierre Garçon (10-0, 14e). Premier bijou de la soirée.
New Orleans déjà à terre ? Pas du tout, car l'équipe sortait ses griffes dès le deuxième acte. D'abord sur un field-goal de Hartley (10-3, 20e), puis sur un joli drive de Drew Brees avec la complicité de Marques Colston. Arrivés dans la zone rouge, les Saints n'arrivaient toutefois pas à inscrire de touchdown, et misaient même sur une quatrième tentative pour deux yards... Sans succès ! Heureusement pour eux, pour Sean Payton aussi, Manning et sa bande n'ont ensuite pas su convertir un first down, et l'équipe a pu récupérer le ballon in extremis et inscrire, juste avant la pause, un field-goal mérité (10-6, 30e). Ce réveil des Saints, pas très productif en terme de points, avait au moins le mérite de relancer une rencontre partie pour être à sens unique. Après deux quarts, chaque équipe avait eu sa période. Et les statistiques s'en ressentaient... 179 yards cumulés pour les Saints, contre 169 pour les Colts. Neuf first downs pour New Orleans, huit côté Indianapolis. La différence, au fond, résidait dans le jeu employé. Avec 157 yards à la passe, l'équipe de Drew Brees dominait nettement les Colts (97 yards), tandis que ces derniers avaient pris le dessus à la course (72 yards contre 22).
Le coup de poker des Saints
Mené, New Orleans décidait de surprendre de suite avec un coup de pied ultra court ("onside kick") pour récupérer immédiatement la possession. Coup de poker payant, car les Saints privaient de nouveau les Colts de ballon. Et sur le premier drive de ce quart, Drew Brees faisait la leçon, avec 58 yards bouclés en 3 minutes, conclu par le premier touchdown du match de New Orleans par Pierre Thomas (10-13, 34e). Touchés, les Colts ? Pas vraiment, non, car dans la foulée, Peyton Manning et Dallas Clark décidaient, presque à eux seuls, de remonter le terrain jusqu'à l'en-but. Et, après un drive plein l'expérience, Indianapolis reprenait la tête grâce à un touchdown de Joseph Addai (17-13, 39e). Les festivités se poursuivaient, et la défense des Colts, privée de Dwight Freeney, subissait de plus en plus. Drew Brees en profitait, accumulant les yards à la passe (25/32 après 45 minutes). Au bout de l'action, Garett Hartley passait un field-goal lointain (47 yards), portant la marque à 17-16 à l'orée du dernier quart. Indianapolis n'avait plus qu'un petit point d'avance...
Et Manning a craqué
C'était donc devenu du coup pour coup, et les Colts, à leur tour, s'approchaient dangereusement de la zone des Saints. Mais (le tournant ?), Matt Stover manquait son field-goal de 51 yards, laissant aux Saints le soin de prendre pour la première fois le leadership du match. Ce qu'ils ne manquaient pas, puisqu'au terme d'un drive de 59 yards en 4'57, avec un 100 % impressionnant de Drew Brees, Jeremy Shockey offrait l'avantage aux siens (17-22, 55e). Lance Moore, lui, chipait la passe in extremis pour transformer la conversion à 2 pts (17-24, 55e). C'était l'heure de Manning, pensait-on. L'heure de son traditionnel come-back.
Sauf que Manning, pour une fois, trouvait sur sa route un corner-back, en l'occurrence Tracy Porter. Ce dernier interceptait sa passe et filait seul inscrire le troisième touchdown des Saints (17-31, 56e). Malgré une dernière poussée d'Indianapolis, le score n'évoluait plus. Et cette dernière erreur, ajoutée au loupé de Stover sur field-goal en début de quatrième quart, a donc finalement coûté la victoire aux Colts. New Orleans, qui s'adjuge son premier sacre, entre même dans l'histoire de la NFL comme la première équipe à avoir perdu ses trois derniers matchs de saison régulière et décroché, au final, le Trophée Vince Lombardi. Les Saints, dynamiteurs de défenses tout au long de la saison, sont donc parvenus à remporter le titre suprême avec un jeu porté sur l'offensive. Logiquement, Drew Brees, avec 32 passes complétées sur 39 (288 yards, 2 TD), a lui été désigné MVP du match.
Résultat du SuperBowl 2010
Indianapolis - New Orleans 17-31


























